Vincent, écrivain célèbre, sature de passer ses journées à écrire, malgré la reconnaissance du public. Il est prêt à abandonner ses personnages, à ouvrir portes et fenêtres, quitter son bureau dont il se sent prisonnier. Il veut rencontrer des vraies gens, ceux qu'on croise dans la vraie vie.
Cette année-là, le printemps a pris un peu d'avance sur le calendrier. Chaque après-midi un papillon toujours le même, d'une incroyable et peu commune couleur bleue irisée -, vient rendre visite à Vincent l'Écrivain. Le bureau où officie depuis quelques années ce dernier, se situe dans l'aile Est du mas, à l'opposé de l'espace de vie. Orienté, est-ouest, le soleil vient s'y glisser dès son lever, c'est-à-dire dès que la lune veut bien lui laisser la place dans les nues.
Il entre par les fenêtres laissées grandes ouvertes aux premiers beaux jours, l'hiver, il toque simplement aux carreaux. Dès midi passé, c'est à travers deux larges baies qui entourent un pan de mur avec une petite fenêtre - là, où se pose sur le rebord en observation le papillon, que le soleil essaye de s'infiltrer jusque dans la pièce, afin de distraire l'Écrivain de son ouvrage, cependant la plupart du temps ses tentatives restent vaines.
C'est au milieu d'une vaste propriété dans la campagne provençale, qu'ont été construits les différents corps de cette bastide, - L'Éouvé -, afin que chaque génération puisse y vivre sans empiéter sur la vie des autres membres. Si on y vit en famille comme autrefois, en harmonie avec la nature et les animaux, une partie de l'exploitation comprenant entre autres, une production viticole et oléicole, a été confié récemment à un métayer.