C'est l'histoire d'une dame anglaise qui perdit son mari durant la deuxième grande guerre. Jeune soldat, il débarqua avec son unité en Afrique du Nord où il mourut suite à un raid Aérien Allemand sur son unité. Le souvenir de cet amour fort et sincère qui enflammait toujours son coeur, l'emmena sur ses traces. Tout juste après la fin de la guerre, elle se rendit à Bône en Algérie Française pour se recueillir sur sa tombe. Les années passaient, le monde changeait mais elle, non. Elle pointait au cimetière anglais de Bône presque tous les deux ou trois ans à la même date, quelques soient les conditions et les circonstances. Même la menace terroriste des années 1990 en Algérie ne la découragea pas. Le gardien du cimetière qui l'avait sauvé de justesse d'un attentat terroriste, déjà gravement malade sans le savoir, se blessa et fut conduit en urgence à l'hôpital où on lui annonça que sa blessure était superficielle mais par contre une grave maladie était en train de le ronger de l'intérieur. -Peut-on risquer sa vie pour un étranger ou même pour quelqu'un qu'on ne connait que superficiellement, lui dit la vieille dame. Ne connaissant que sa simplicité extérieure, elle ne put imaginer que sous cette humble apparence de vieux campagnard Africain, se cachait un homme plein de générosité. -On peut se faire tuer pour une simple parole, pour une idée, pour un geste banal ou même pour un rien. Donc sauver la vie d'un innocent est un acte qui mérite tous les risques, lui répondit le vieil Africain, tout convaincu de son point de vue. En signe de reconnaissance pour ce geste à la fois héroïque et humain, la dame Anglaise, prit toutes ses dispositions pour lui venir en aide et le faire soigner dans son pays. Au cours de son séjour en Angleterre, elle lui assura toutes les conditions pour qu'il rentre dans son pays, non seulement complètement guéri, mais aussi très satisfait de l'accueil et du traitement qui lui furent réservés. Sentant qu'il brulait d'envie de connaître encore plus sur sa vie et sur ses immanquables voyages en Afrique, fatigants et très risqués, elle assouvit sa curiosité en lui racontant toute sa vie dans les moindres détails. Le campagnard Africain resta neuf jours à l'hôpital, le dixième jour il fut ramené à la maison où il devait passer quelques jours de convalescence tout en suivant ses contrôles médicaux. Chaque jour, il vivait corps et âme un épisode de la vie, oh combien tumultueuse mais pleine de générosité de son amie. Fatiguée par l'âge et accablée par les maux, la vieille dame tomba malade et mourut. Très touché par sa perte, le vieil Africain assista tristement au rituel des funérailles du début jusqu'à la fin. Il resta un bon moment devant sa tombe murmurant des mots que lui seul comprenait. - Ô honorable femme, vous m'avez appris que les distances peuvent se raccourcir et les difficultés peuvent disparaître quand le sentiment de reconnaissance et de gratitude est trop grand et que l'être est trop cher à nos coeurs. Je me recueille aujourd'hui sur votre tombe pour vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je demande à Dieu de vous couvrir de sa clémence et de vous réserver une place au paradis tout près de George, parmi les saints et les gens de bien. Je vais rentrer au pays avec toutes les reconnaissances mais aussi avec tous les regrets du monde de ne plus vous revoir une autre fois. Merci ma chère dame, merci pour tout.