De ce qu'est la société économique, nous y répondons avec une méthodologie fondée sur le déterminisme biologique. Comme tout type de société, elle se met en place à partir d'une configuration psychique particulière chez les individus la composant. Cette configuration particulière se réalise progressivement avec une densité et une fréquence élevées d'informations spécifiques pénétrant dans la conscience. Ces informations libèrent concomitamment les potentiels du désir humain (à distinguer du besoin) et du déterminisme biologique. La libération de ces potentiels est la condition sine qua non de la formation de la société économique. C'est cette concomitance qui donne un sens à la vie des individus de la société économique, les homoeconomicus. Cette concomitance débride le consumérisme, c'est-à-dire la forte pression structurelle exercée par la dynamique de l'inconscient sur celle du conscient afin de satisfaire à la pléthore de nuances du désir libérées de manière continue en l'individu, et provoque automatiquement des effets destructifs sur les principaux équilibres (humain, social, sociétal, environnemental, etc.). Par exemple, en rapport avec le consumérisme, d'un point de vue humain, elle empêche l'émergence du libre arbitre, de la raison et de la responsabilité.
La libération du potentiel du désir humain entretient la croissance perpétuelle, tandis que celle du potentiel du déterminisme biologique imbrique le totalitarisme à l'identité de la société économique. Ce totalitarisme repose sur une double servitude dont l'une, la principale, est endogène à l'individu et l'autre, la plus classique, exogène. C'est l'immense espace consacré à la satisfaction de la pléthore de nuances du désir qui donne l'impression de liberté, réduite à la liberté économique. Le consumérisme a pour particularité de masquer les effets apparents du totalitarisme, de stabiliser le système et de le protéger contre la démocratie.